Faire créer son site à La Réunion sans en perdre le contrôle
Domaine à votre nom, accès admin, coûts de la 2e année, agence joignable à l'heure de l'île : les verrous à poser avant de faire créer son site à La Réunion.
Maxime LerouxJournaliste
- 9 min
- 1 803 mots
- Mis à jour le 02.10.2026
Un site que vous ne contrôlez pas, vous le louez. Vous ne le possédez pas. Beaucoup d’indépendants le découvrent le jour où ils veulent changer de prestataire et s’aperçoivent que le nom de domaine, les accès ou les fichiers ne sont pas à eux. Pour une création de site internet à La Réunion, je vérifie trois verrous avant de signer : à qui appartiennent le domaine et les fichiers, qui fait vivre le site à partir de la deuxième année, et si le prestataire est joignable aux heures où vous en avez besoin. Comme repère, j’ai pris les engagements publics de reunionwebdesign.com, une agence installée à Saint-Louis depuis 2005. Elle écrit noir sur blanc ce qu’elle inclut et à qui revient le site. C’est rare, et ça permet de comparer.
Avant le devis, savoir si vous avez besoin d’une vitrine ou d’une boutique
La première ligne d’un devis, c’est le type de site. Et c’est là que beaucoup d’indépendants paient trop. Une vitrine présente votre activité, vos tarifs, vos références et un moyen de vous joindre. Une boutique en ligne encaisse de l’argent : paiement, fiches produits, conditions de vente, gestion des commandes.
Pour un rédacteur web, un traducteur ou un consultant qui vend son temps, la vitrine suffit dans neuf cas sur dix. Le client lit, il appelle ou il écrit, et le devis se signe hors du site. Je ne partirais pas sur une boutique pour vendre trois ebooks et une formation. Le jour où les ventes en ligne pèsent vraiment dans votre chiffre d’affaires, la question se repose.
Le cas inverse existe aussi. Une épicerie fine de Saint-Pierre ou un créateur de bijoux qui expédie vers la métropole a besoin d’encaisser, pas seulement d’être trouvé. Là, une vitrine « avec un bouton PayPal bricolé » coûte plus cher à l’usage qu’une vraie boutique.
Les tarifs affichés, un repère pour juger tout le reste
Chez Réunion Webdesign, la page d’accueil (lue le 2 octobre 2026) annonce un site vitrine à partir de 967 € TTC et un site e-commerce à partir de 1 967 € TTC. Le prix est présenté comme unique et couvre la conception de A à Z. Les deux formules sont séparées par 1 000 €. L’écart me paraît cohérent avec le travail supplémentaire : tunnel de paiement, fiches produits, pages légales propres à la vente.

Le mot qui compte, sur n’importe quel devis, c’est « à partir de ». Il faut savoir ce qui fait monter la facture : nombre de pages, rédaction des textes, traduction, photos, connexion à un logiciel de caisse. Demandez que chaque option soit chiffrée à part. Je ne signerais pas un devis qui écrit « prestations complémentaires sur demande » sans donner de montant.
Pour les lecteurs de ce magazine, il y a une ligne à regarder de près : la rédaction des contenus. Vous écrivez pour vivre. Payer une agence pour rédiger votre page « À propos » n’a pas beaucoup de sens. Demandez qu’elle soit retirée du devis, et voyez ce que ça change au total.
Vitrine ou e-commerce : ce que couvre le prix de départ
Site vitrine
967 € TTC
À partir de. Présenter l’activité, être appelé.
Site e-commerce
1 967 € TTC
À partir de. Vendre et encaisser en ligne.
Inclus dans le prix unique : la conception de A à Z.
Offert la 1re année : nom de domaine, hébergement, maintenance.
Propriété : le client possède 100 % de son site.
Source : tarifs affichés par Réunion Webdesign, page d’accueil lue le 02/10/2026.
Domaine, hébergement, maintenance : ce qui est offert la première année et ce qui se paie ensuite
C’est la partie du devis qu’on lit le moins, et c’est elle qui coûte sur la durée. L’agence saint-louisienne offre le nom de domaine, l’hébergement et la maintenance la première année. C’est une bonne pratique, à condition de savoir ce qui se passe au treizième mois.
Demandez une réponse écrite : combien coûtent ces trois lignes à partir de la deuxième année, et peut-on les prendre séparément ? Le nom de domaine se renouvelle chaque année quoi qu’il arrive, l’hébergement aussi. La maintenance, elle, se discute : mises à jour du CMS et des extensions, sauvegardes. Un site WordPress laissé deux ans sans mises à jour accumule les failles. Je considère la maintenance comme une dépense normale, pas comme une option.
Le vrai test, c’est la clause de sortie. Si vous arrêtez la maintenance, gardez-vous l’hébergement ? Si vous changez d’hébergeur, l’agence vous transmet-elle les fichiers et la base de données ? Une réponse floue à ces deux questions vous renseigne mieux sur le prestataire que son tarif.
Le saviez-vous ?
Les mentions légales d’un site d’entrepreneur individuel doivent indiquer le nom, l’adresse et le téléphone de l’hébergeur. Elles doivent aussi donner votre identité, votre numéro RCS, vos coordonnées et votre numéro de TVA. Leur absence est punie d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
Source : Service Public Entreprendre, fiche « site internet de l’entrepreneur individuel », vérifiée le 31/07/2023.
Conséquence pratique : si votre prestataire change d’hébergeur en cours de contrat, vos mentions légales doivent être mises à jour. Demandez qui s’en charge.
Qui est propriétaire du site une fois livré
Réunion Webdesign l’écrit sur sa page d’accueil : le client est propriétaire à 100 % de son site. Tous les prestataires ne le disent pas aussi clairement, et c’est la ligne que je vérifie en premier.
L’erreur classique, c’est le nom de domaine déposé au nom du prestataire. Tant que tout va bien, personne ne s’en aperçoit. Le jour où vous voulez partir, vous découvrez que l’adresse que vos clients connaissent ne vous appartient pas. Exigez trois choses par écrit : le domaine à votre nom, un accès administrateur au site, et le droit de récupérer les fichiers sans frais.
La propriété protège aussi votre travail de contenu. Les articles, les études de cas et les pages écrits pendant trois ans sont stockés dans ce site. Les perdre parce que vous changez de prestataire serait absurde.
Le site livré n’est qu’un début, la visibilité se travaille ensuite
L’agence a une formule que je trouve juste : « Le site est un bien. Sa visibilité est un travail continu. » Son menu détaille quatre leviers : référencement naturel, référencement local, Google Ads, et ce qu’elle appelle le GEO, c’est-à-dire être cité dans les réponses des IA.
Pour un professionnel du contenu, le partage des rôles me semble assez clair. La technique (vitesse, structure, balisage, fiche d’établissement Google) se confie au prestataire. Le contenu, vous savez le produire, et c’est lui qui amènera des visites sur la durée. Une campagne Google Ads se justifie pour un lancement ou une offre saisonnière. Elle se justifie rarement pour un indépendant qui vit de la recommandation.
Avant de signer, je demanderais un état chiffré de la visibilité à la livraison, puis le même relevé six mois plus tard. Sans mesure de départ, impossible de savoir si le travail paie.
Agence locale ou prestataire à distance, ce que change le décalage horaire
Rien ne vous oblige à travailler avec une agence de l’île. Mais le décalage horaire pèse plus qu’on ne le croit. La Réunion est en UTC+4 toute l’année et ne change plus d’heure depuis 1981. L’écart avec la métropole est donc de 2 heures en été et de 3 heures en hiver.

Concrètement, une agence parisienne qui ouvre à 9 h répond à partir de 11 h ou 12 h, heure de La Réunion. Votre formulaire de contact tombe en panne à 16 h, un vendredi d’hiver ? À Paris, il est 13 h : l’équipe peut intervenir. Si la panne survient à 19 h chez vous, l’équipe est déjà partie. Pour un site qui encaisse des commandes, ce n’est pas un détail.
L’autre argument, c’est le référencement local. Un prestataire qui connaît la différence entre un client de Saint-Denis et un client du Tampon rédige une fiche d’établissement plus juste. Si votre clientèle est sur l’île, je prendrais une agence de l’île. Si elle est en métropole, l’avantage d’une agence locale se limite au fuseau horaire et aux rendez-vous en personne.
Les cinq questions à poser pendant l’appel de cadrage
Réunion Webdesign propose un appel conseil de 20 minutes, offert et sans engagement, et annonce un devis sous 24 heures. Vingt minutes, c’est court. Préparez vos questions.
Première question : que comprend exactement le prix de départ, en nombre de pages et en fonctionnalités ? Deuxième question : combien coûtent le domaine, l’hébergement et la maintenance à partir de la deuxième année, ligne par ligne ? Troisième question : le nom de domaine sera-t-il déposé à mon nom, et aurai-je un accès administrateur dès la livraison ?
Quatrième question : qui rédige les textes, et le devis baisse-t-il si je les fournis ? Cinquième question : comment la visibilité du site sera-t-elle mesurée, et à quelle date fera-t-on le premier point ?
Notez les réponses pendant l’appel, puis comparez-les au devis écrit quand il arrive. Si une réponse orale n’apparaît pas dans le document, faites-la ajouter avant de signer. En cas de désaccord, c’est le document écrit qui fait foi.
Questions fréquentes
Combien coûte un site vitrine à La Réunion ?
Réunion Webdesign affiche un site vitrine à partir de 967 € TTC (tarif lu le 02/10/2026), avec domaine, hébergement et maintenance offerts la première année. Demandez le coût de ces trois lignes pour les années suivantes.
Vitrine ou e-commerce, comment choisir ?
Si vos ventes se concluent par téléphone ou par devis, une vitrine suffit. Si vous devez encaisser en ligne, prenez une boutique, à partir de 1 967 € TTC chez la même agence.
Quel est le décalage horaire avec une agence en métropole ?
2 heures en été, 3 heures en hiver : La Réunion reste en UTC+4 toute l’année. Une agence parisienne joignable jusqu’à 18 h l’est jusqu’à 20 h ou 21 h heure locale.
Que vérifier pour rester propriétaire de son site ?
Le nom de domaine déposé à votre nom, un accès administrateur dès la livraison et le droit écrit de récupérer les fichiers sans frais si vous changez de prestataire.
Sources
Réunion Webdesign, page d’accueil « Création de site internet à La Réunion » : tarifs, inclusions et propriété du site (lue le 02/10/2026).
Service Public Entreprendre, fiche « Site internet de l’entrepreneur individuel » : mentions obligatoires et sanctions (vérifiée le 31/07/2023, consultée le 02/10/2026).
Guide Réunion, « Heure à La Réunion » : fuseau UTC+4 et décalage avec la métropole (consulté le 02/10/2026).
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Maxime Leroux
Journaliste
Maxime suit la création de sites, le choix des prestataires web, les outils de productivité et la formation aux métiers du numérique. Il croise la documentation…
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